Posséder enfin un chez-soi qui nous ressemble.
Des mètres carrés de bonheur.
Des fondations solides exemptes de vices cachés.
L'endroit idéal pour élever sa famille en toute sécurité...
À qui la chance?» (quatrième de couverture)
Home Sweet Home, tel est le thème de cette bande dessinée publié aux éditions la mauvaise tête en 2012. Ce thème est universel, mais si peu abordé à mon goût! C'est quoi, se sentir chez soi? Quels éléments font d'un logement le nôtre? Voilà quelques questions abordés par cette oeuvre.
Tout d'abord une réflexion à saveur plus ou moins critique sur le déménagement (qui/qu'est ce qui nous pousse à déménager? pourquoi? etc.), Du chez-soi est une oeuvre paisible, sans éclat et tout à fait dépourvue de rebondissements! Nous vous attendez pas à être surpris, mais plutôt à réfléchir sur votre emplacement, physique et émotif.
Le récit est long et court à la fois. Plusieurs petits événements s'enchaînent assez rapidement, mais la trame narrative s'étend sur toute l'oeuvre. On y retrouve la petite famille, les grands-parents, la vie simple, sans artifices... Parsemé de quelques retours en arrière, marqués par des souvenirs reliés aux anciens logements du père par exemple, le récit est agréable à lire et surtout simple à lire. Les lecteurs de bandes dessinées débutants peuvent y trouver leur compte (ainsi que ceux qui en dévorent!).
L'anecdotique est au centre du récit. Tout comme dans la vie de tous les jours, les personnages ont des hauts et des bas. Des épisodes stressants, mais aussi des périodes d'acalmie. Par cet anecdotique, on peut bien ressentir la psychologie des personnages, les connaître, les apprécier et les voir se développer à travers cette «épreuve».
On montre assez bien le processus de déménagement et ces épisodes, ces classiques. Pour avoir vécu ce processus vers l'âge de 10 ans, je me suis reconnu à travers les enfants de la famille, qui ne comprennent pas tout au processus.
Pour ce qui est du contenant, il est très bien fait. Le dessin est beau. Le trait du crayon est spécial, il a ses particularités. Il est plus gris que noir, ça donne un effet intéressant. On laisse beaucoup de place au blanc dans le dessin, j'aime beaucoup le dessin lorsqu'il est construit de cette manière. Les personnages sont construits de manière étonnante... Les visages sont peu habituels (disons le!), mais il ne son pas laid. Ça donne une couleur au dessin d'Ariane Dénommé! Les personnages prennent beaucoup de place dans chaque case, il est rare de voir le corps de ceux-ci dans son entierté. Ça donne un effet de proximité avec le personnage, son propos et ses émotions.
J'aime les pages n'ayant qu'une case, donnant un effet d'immobilité, présentant la case comme un événement, une émotion à distinguer parmi les autres. La case est en plein milieu, entourée par un énorme vide.
J'aime cet oeuvre en général... C'est un moment seul à seul avec cette histoire personnelle, ce récit d'une famille traversant le déménagement. La réflexion sur les effets émotifs du détachement d'un lieu, des souvenirs s'y ratachant, du bonheur s'y étant créé. Déménager, c'est tout ça, s'installer ailleurs, c'est bien plus encore!

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